Définition :
La visée désigne l'action qui consiste à aligner
l'oeil du tireur, les instruments de visée de l'arme et le visuel
de la cible.
L'oeil directeur
:
Au niveau de la vision, un oeil domine l'autre : c'est l'oeil
directeur.
A la question qui est de savoir si on doit lui accorder
une priorité concernant la visée dans les cas où il
ne correspond pas à la
latéralisation du tireur, la réponse est non. En règle
générale (hors pathologie)
un droitier visera avec l'oeil droit et un gaucher avec l'oeil gauche.
Pour comprendre les raisons de ce choix, plaçons
nous dans l'exemple d'un tireur droitier, oeil directeur gauche (pour le
cas contraire
tireur gaucher oeil directeur droit, toutes les réciproques sont vraies).
L'analyse dépend dans un premier temps de l'arme
concernée.
carabine :
La seule solution technique disponible et réglementaire
consisterait à
utiliser des éléments de déport latéraux de
visée qui permettent au tireur
droitier de viser avec l'oeil gauche sans gène. Cette technique
est cependant
" lourde " pour un débutant et génératrice
de fautes techniques ; à la longue
elle se révèlera limitante. Dans la mesure où l'oeil
non directeur ne présente
aucune faiblesse particulière par rapport à l'oeil directeur,
il devra donc être utilisé prioritairement sans tenir compte
de son rôle a priori
non dominant. Bon nombre de tireurs de haut-niveau ont adopté cette
solution avec succès. Elle implique cependant d'obstruer la vision
de l'oeil non utilisé au moyen d'un cache opaque ou semi-transparent,
ce qui est également
recommandé dans les situations classiques de visée.
Remarque : Le cache doit être relativement petit
pour permettre au tireur d'avoir une vision périphérique
lui permettant d'améliorer sa stabilité
par une information visuelle complé mentaire de son espace proche.
La taille du cahe devra être l'objet d'essais et de test.
pistolet :
La posibilité de déport des organes de visée n'existant pas, il ne resterait
plus qu'à changer l'oeil de visée.
Si notre tireur voulait utiliser son oeil directeur,
le gauche, pour viser, cela l'obligerait soit à amener cet oeil,
donc la tête, dans l'axe du bras,
ce qui entrainerait de multiples contractions au niveau du cou, soit à placer
le poignet dans l'axe de l'oeil, ce qui du point de vue de la tenue de l'arme
entraînerait de gros problêmes. En conséquence il faut
rejeter cette façon
de procéder. Un droitier visera avec l'oeil droit et mettra un cache
sur l'oeil gauche. En pistolet aussi de nombreux tireurs de haut-niveau pratiquent
de la sorte et n'en sont pas désavantagés pour autant.
Remarque : nous n'évoquerons pas la possibilité de
faire tirer à gauche un tireur droitier car cela reviendrait à nier
ses adresses naturelles et à vouloir en installer d'autres en espérant
les rendre plus performantes à long terme ce qui au moins une perte
de temps conséquente tout en ne présentant aucune garantie
de succès. Le "remède" serait, dans ce cas, pire
que le mal. Cette technique est à proscrire totalement hormis les
cas de handicap physique.
La visée :
Définitions :
Les points de repère fixes par rapport au canon s'appellent les instruments
de visée ; le poind avant est le guidon, le point arrière est
la hausse ou dioptre à la carabine et la planchette de hausse ( dans
laquelle se découpe
le cran de mire) au pistolet. Leurs caractéristiques sont telles que
l'on peut les classer, d'une façon générale, en deux catégorie
:
les visées ouvertes (pistolet) et visées fermées (carabine).
- Lignes de mire :
Le segment de droite allant du guidon à la hausse
ou
à la planchette de hausse s'appelle la ligne de mire. Prendre la
ligne de mire consiste à placer celle-ci de telle manière
que l'oeil se trouve dans
son prolongement.
- Ligne de visée :
c'est la ligne imaginaire qui relie l'oeil à l'objet visé.
- Visuel :
on appelle visuel la partie centrale de la cible matérialisée par une
zone noire.
- Viser :
C'est faire correspondre la ligne de mire et la ligne de visée.

La visée ouverte (pistolet)

La visée fermée (carabine)
La pédagogie de la visée :
La visée, notament à la carabine , est la partie
de la technique que le débutant
appréhende le plus facilement. Un schéma suffit généralement à expliquer
ce que le tireur doit chercher à voire. La pédagogie de la visée
consistera donc
à lui détailler la visée type, en évitant les fautes
classiques, et à lui donner
les informations pertinentes quant aux choix de ses instruments de visée
(choix d'une marge de blanc confortable). Ce sont ces notions que nous allons
passer
en revue.
L'erreur angulaire :
L'erreur angulaire est une erreur qui, au cours de la visée, consiste à décaler
un des deux points de repère (guidon ou oeilleton/cran de mire) par rapport
à la ligne de visée. L'écart en cible sera souvent important car égal à l'erreur
angulaire multipliée par le rapport distance de tir/ligne de mire. Cette erreur
est fréquente et très sensible avec les visées ouvertes. Il ne faut jamais
lâcher dans ces conditions.

A : visée type . . . .
. . . .. ... . . .. B,C,D,E,F :
exemples d'erreurs angulaires
L'erreur parallèle :
L'erreur parallèle consiste, tout en gardant les points
de repère bien positionnés
entre eux, en un décentrage de ceux-ci par rapport au visuel. Même
si cette erreur semble souvent importante, ses conséquences sont moins
graves que celles d'une erreur angulaire car il n'y a pas d'effet multiplicateur
: la valeur
observée du déplacement correspond à l'écart réel
en cible. Pour le démontrer
il suffit de confectionner une visée type en carton sur laquelle on
fixe un transparent où l'impact est matérialisé par un
point blanc. En faisant bouger ce dispositif sur une cible, on peut montrer
la zone de visée dans laquelle
le départ sera encore acceptable.

L'accomodation :
Il est nécessaire, pour effectuer une visée correcte, de voir
de façon nette les points de repère de la ligne de mire. L'oeil n'ayant pas
la faculté de former une image nette de plusieurs objets situés à différentes
distances, il ne peut accommoder à la fois sur les instruments de visée et
sur la cible.
Ce problème est moins sensible avec une visée
fermée (carabine)
car l'oeil regarde à travers un trou de faible diamètre (l'oeilleton)
qui augmente considérablement la profondeur de champ. Le carabinier
n'a donc aucun mal à voir les organe de visée aussi nets que
la cible.
Pour le pistolier par contre le problème reste entier.
S'il accomode
sur la cible, les instruments de visée sont flous
et il est impossible d'orienter correctement la ligne de mire ; il crée
ainsi des erreurs angulaires.
S'il accommode sur les instruments
de visée, la cible
est floue, mais il est possible d'orienter correctement la ligne de mire
vers une cible même mal définie.
Le guidon doit être de la même
largeur que l'image du visuel.

La marge de blanc :
Les cibles sont habituellement constituées d'un carton blanc
zoné et portent en leur centre un visuel noir également zoné, destiné à faciliter
la visée. Il serait logique de viser le centre du visuel pour atteindre le
10 au pistolet ou d'utiliser un guidon qui cerne exatement l'image du visuel
à la carabine. Mais dans ce cas les instruments de visée de l'arme, qui sont
noirs, se détacheraient mal sur le noir du visuel. Au pistolet il est donc
préférable de régler son arme pour toucher plus haut que visé et voir se
détacher parfaitement les instruments de visée sur le fond blanc du carton
; à la carabine, il faut choisir un guidon qui laisse apparaître un bonne
marge de blanc.

Pour information : les diamètre de guidon conseillés pour débuter
à la carabine doivent se situer dans une fourchette qui va se 3.8 à 4.4 mm
pour une cible carabine U.I.T..
La perception de chaque tireur étant différente,
quand on traite du choix des instruments de visée avec des tireurs
débutants, il est judicieux
de leur demander de dessiner ce qu'ils perçoivent. On s'apercevra
alors que la marge de blanc est plus une notion relative qu'absolue et le
choix des
dimensions de guidon ou de cran de mire doit tenir compte de cette relativité.
